7 août – Cavendish

Comme il fait très chaud aujourd’hui, nous laissons tomber l’idée d’aller visiter Charlottetown, la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard, et décidons d’aller marcher sur le sentier Homestead (6 kms) qui part du camping.  C’est un très beau sentier qui passe dans la forêt, le long des côtes et des champs de fleurs. 

On ne peut résister aux petits fruits

Oui, nous sommes prudents



Nous nous rendons ensuite à la poissonnerie de North Rustico pour acheter de la chair d’homard afin de nous préparer des pains au homard (recette de Ricardo) pour le lunch.

Un lunch au homard
Nous passons le reste de l’après-midi tranquillement à l’ombre au camping et en allant nous baigner à la plage. Je me suis même aventurée dans l’eau, il fallait vraiment que j’aie chaud. Hugues est même allé faire du jogging.  Était-ce une bonne idée avec cette chaleur? Nous terminons la soirée autour du feu de camp, une activité incontournable au camping.

6 août – Bouctouche, Cavendish (IPE)

Me voilà de retour, Catherine …

 Un coup d’œil sur les piqures que m’ont infligées les moustiques il y a quelques jours. C’est assez douloureux.

Patricia en a compté 30 devant et derrière

Avant de quitter la ferme des Maury, nous parcourons une partie de la dune de Bouctouche aménagée sur une promenade de bois dans le but de protéger et restaurer l’une des dernières grandes dunes de la côte du nord-est de l’Amérique du Nord.  Elle est longue de 12 kms mais nous n’en parcourons que quelques kilomètres car l’Île-du-Prince-Édouard nous attend aujourd’hui.


Sur la promenade des dunes de Bouctouche

Nous quittons la ferme des Maury

Pour se rendre sur l’île, il faut emprunter le Pont de la Confédération qui relie l’Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick depuis 1997 en enjambant le détroit de Northumberland. Il est long de 12,9 kms.

 

Nous nous rendons dans le nord de l’île pour visiter le site patrimonial Green Gables, une ferme construite au 19e siècle à Cavendish. C’est cette maison et ses alentours  qui ont inspiré Lucy Maud Montgomery pour écrire sa série de romans : Anne … la maison aux pignons verts qu’elle a débutée en 1908.  Depuis, ses romans ont été traduits en plus de 37 langues et plusieurs séries télévisées ont été tournées.

La maison aux pignons verts

La chambre d'Anne

Nous nous installons pour deux nuits au camping Cavendish du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Nous sommes dans la section B qui est la plus agréable et la plus ombragée.  Elle a été épargnée par la tempête tropicale Dorian de 2019.

 La baignade est bonne et le sable de la plage très fin.  La soirée se passe pour Patricia et moi en allers- retours en auto pour laver et sécher le linge.  A la fin nous connaissions très bien tous les détours à sens unique du camping.  Nous avons été bien récompensées par Serge qui nous a fait un beau feu de camp.

5 août – Caraquet, Chez les Maury

 Ce matin nous nous rendons au village historique acadien de Caraquet constitué d’une quarantaine de bâtiments historiques tous animés par des interprètes costumés. Dans un décor bucolique, les personnages présentent les petits et grands moments de la vie quotidienne des familles acadiennes de 1770 à 1949, leurs coutumes, leur ingéniosité et leur chaleureux accueil. Nous rencontrons Chico, le cheval du village, très doux, âgé de 25 ans, qui aime se faire caresser.

Chico à l'ouvrage
 
Une ménagère nous accueille chez elle

Pour les parents le lit, pour les enfants le matelas et le berceau

L'art de teindre la laine

La maîtresse d'école enseigne le français en traduisant les livres en anglais

Ce soir nous dormons à la ferme, chez les Maury  près de Bouctouche. À 17h30, la cloche sonne et Serge Maury, français très volubile, né à Paris, qui a fait la guerre au Liban, est établi au Nouveau-Brunwick depuis 30 ans et a épousé une acadienne, nous accueille dans la grange.  Il nous fait goûter à ses vins aux saveurs de fruits et à ses sirops.   

La maison des Maury

Serge Maury nous présente ses produits

Les poules et le coq de la ferme nous rendent visite


4 août – Miguasha, Caraquet

 Ce matin nous nous rendons visiter le parc national de Miguasha qui a pour mission de protéger ce site fossilifère du Québec.  Depuis 1880, des milliers de spécimens ont été récoltés dans la falaise de Miguasha.  Des poissons et des plantes fossiles nous racontent la vie comme elle existait sur la planète il y a des millions d’années.  C’est sur ce site fossilifère, qu’a été retrouvé le chaînon manquant entre le poisson et le tétrapode (animal qui sort de l’eau et qui a des pattes).  C’est en 2011 que le fossile complet d’un très long poisson a été exhumé ici à Miguasha. C’est un spécimen de 1,65 mètre de long et il fut baptisé Elpistostege Watsoni. Il est âgé d’environ 380 millions d’années.

Au musée de Miguasha

Un poisson fossilisé

Le Prince de Miguasha

L'elpistostege

Nous partons en randonnée le long du sentier de 3,5 kms qui longe la falaise et nous dévoile de magnifiques points de vue sur l’estuaire de la rivière Ristigouche.  Sur le sentier appelé L’évolution de la vie, des panneaux de découverte nous racontent l’histoire de la vie sur la planète.  C’est très instructif et intéressant.

Les falaises où ont été découverts les fossiles

Sur le sentier L'évolution de la vie

Un peu plus loin, nous faisons une pause pique-nique mais de courte durée car nous nous faisons dévorer par les moustiques.  Catherine en gardera des traces, environ 30 piqures dans le dos et sur les épaules, et un mauvais souvenir pour plusieurs jours.

 Nous nous installons pour la nuit au camping Colibri-sur-Mer à Caraquet où le coucher de soleil est magnifique.

Au camping Colibri-sur-Mer






3 août – Bonaventure, Carleton-sur-Mer

Et je continue le récit, Catherine

Le jour se lève vers 4h00 mais nous nous levons à 6h30.  Une flaque d’eau s’est formée sous les matelas et les sacs de couchage. Heureusement le vent et le soleil sèchent tout en un temps record.

Au camping, la vue sur le Rocher-Percé

 Nous quittons Percé pour nous rendre à la ville de Bonaventure pour visiter le Musée des Acadiens.  Mais avant nous faisons un arrêt à l’épicerie pour le ravitaillement et à la pharmacie pour soigner le rhume/grippe de Patricia.

 La majorité des habitants de Bonaventure sont d’ascendance d’acadiens qui y ont trouvé refuge après la déportation des Acadiens (appelée le Grand dérangement) entre 1755 et 1763 par les anglais qui venaient de conquérir la Nouvelle-France.  Des soldats rassemblant des civils terrifiés, les expulsant de leurs terres, brûlant leurs maisons et leurs cultures… Cette scène cauchemardesque qui pourrait se dérouler au 21e siècle dans une des régions troublées du monde, décrit plutôt un événement qui a eu lieu aux premiers temps de l’histoire canadienne.  Le musée est donc l’endroit idéal pour connaître leur triste histoire.

Le Musée de Bonaventure

Ancienne chapelle anglicane transformée en boutique

Nous arrivons assez tôt au camping Carleton-sur-Mer ce qui nous permet d’aller faire une petite baignade pendant que Patricia fait la sieste. Le camping ressemble au camping Les Sables Blancs en France, avec accès direct à la plage et vasière de l’autre côté.

 En soirée, nous jouons aux boules Bocce (apportées par Serge), puis feu de camp et place à la musique : guitare, ukulélé et chants.

On se repose au camping



Quelques parties de boules. Hugues fut le vainqueur

2 août – Gaspé, Percé, Île Bonaventure

Me voilà de retour, c’est moi Catherine. 

C’est à Gaspé que Jacques Cartier a planté une croix en 1534 lors de son premier voyage d’exploration du golfe St-Laurent.   La plantation de la croix symbolisait l’appropriation des lieux au nom du roi de France, François 1er. La véritable croix qui était en bois a depuis longtemps disparu mais une croix en granite érigée en 1934 symbolise celle plantée par l’équipage de Jacques Cartier 400 ans plus tôt. 

La place Jacques-Cartier à Gaspé

Nous nous arrêtons sur la place Jacques-Cartier et faisons connaissance avec Yo, une métis qui a plein de choses à raconter et qui fabrique et vend des bijoux.  Je lui achète des petites boucles d’oreilles et un dollar de mer (oursin plat) 

Catherine et Yo

Puis cap sur Percé où nous partons en croisière vers l’Île Bonaventure. Nous longeons le Rocher-Percé puis l’île. De nombreux phoques gris, des fous de Bassan (il y a 56 000 couples) et des mouettes tridactyles sont perchés sur les rochers et les falaises.

Le célèbre Rocher-Percé

 
Les fous de Bassan et les mouettes nichés sur la falaise

Arrivés dans l’île, nous mangeons une soupe et un gâteau sur la terrasse du seul snack bar de l’île, puis nous prenons le sentier Les Colonies long de 3,5 kms et arrivons près des fous de Bassan qui nous accueillent par des cris et des vols incessants. Les couples restent près de leurs petits pour les protéger des prédateurs; les petits sont bien mignons avec leur duvet très fourni.  Les mouches attirées par les excréments de ces oiseaux sont aussi en grand nombre ce qui nous oblige à poursuivre notre chemin sans tarder. Nous repartons par le sentier le Chemin du Roy (5 kms) qui longe d’autres colonies de fous de Bassan et les anciennes habitations de l’île. Pendant ce temps Patricia revient au quai par le sentier Les Mousses moins long mais assez difficile selon ses dires. 

La colonie de fous de Bassan à la Pointe Margaulx

Les parents et leurs petits


De retour sur le sentier Chemin du Roy

Ce soir au camping Nature Océan à Percé, il y a beaucoup de vent, Serge monte le gazébo et nous mangeons à l’abri.  Il fait nuit à 21h00 et l’orage gronde. Il y a une grosse pluie durant la nuit et la tente prend l’eau.  Oups! Il y aura du séchage à faire demain.

 

Souper à l'abri sous le gazébo

1er août – Parc Forillon

Nous nous rendons au phare de Cap-des-Rosiers et, heureux hasard, la visite guidée débute à peine et nous nous joignons au groupe. Maxime, notre guide, connaît bien son sujet et il n’est pas avare de détails. Le phare a été construit entre 1853 et 1858 et il est le plus haut phare au Canada. Ce célèbre phare est encore aujourd’hui un point de repère pour de nombreux marins. Il marque, pour les navigateurs au long cours, l’embouchure du fleuve St-Laurent. Sa lanterne à facettes multiples repose à 34 mètres de hauteur. En compagnie de Maxime, nous grimpons tout au haut du phare pour admirer son prisme et le village voisin de Cap-Des-Rosiers.

 Le 11 mai 1942, le gardien du phare appela la base militaire de Gaspé après avoir appris qu’un pêcheur gaspésien avait aperçu un tuyau de poêle qui dépassait de l’eau et que des filets de pêche avaient été déchiquetés. Ceci confirmait sa thèse de la présence d’un sous-marin. Malheureusement, à la base militaire de Gaspé personne ne parlait français et le gardien ne parlait pas anglais. Son cri d’alarme demeura incompris pendant quelques jours.  Le tuyau de poêle était le périscope du sous-marin U-553.  Dans la nuit qui suivit, le sous-marin fit surface et coula un navire britannique et un cargo néerlandais. Douze personnes ont perdu la vie et les pêcheurs gaspésiens ont mis leurs bateaux à l’eau pour rescaper les survivants.  Fiers de ce succès, les allemands envoyèrent d’autres sous-marins dans le golfe et le fleuve et en quelques mois 18 navires furent coulés dans les eaux du St-Laurent.

 

Le phare de Cap des-Rosiers

Grimpette jusqu'au haut du phare

Au loin, le village de Cap-des-Rosiers

Nous nous rendons ensuite au lieu commémoratif du naufrage du bateau le Carricks, le 8 avril 1846, qui a coûté la vie à une centaine d’immigrants irlandais partis d’Irlande dans l’espoir de commencer une vie nouvelle.  Après une longue traversée, le Carricks fut happé par une violente tempête et fit naufrage au large de Cap-des-Rosiers. Moins d’une cinquante de personnes ont survécu à ce désastre. Plusieurs de leurs descendants vivent encore dans la région.

 

Lieu commémoratif du naufrage du Carricks

La cloche du Carricks

Nous poursuivons ensuite notre route jusqu’au site patrimonial de Grande Grave où nous visitons le magasin général Hyman & Sons qui témoigne de l’âge d’or et de la diversité culturelle sur la péninsule de Forillon à une autre époque. Des pêcheurs européens ont fréquenté ce site dès l’époque du Régime français attirés par la proximité des bancs de morue et par le havre sûr qu’offrait la baie de Gaspé. Dans les années 1850, 400 personnes habitaient alors Grande-Grave, le village bourdonnait d’activités. En 1970 le gouvernement du Québec délimite le territoire qui deviendra le Parc national Forillon, cédant aux pressions d’Ottawa qui souhaitait créer un premier parc fédéral en sol québécois, et 225 familles furent expropriées de leurs terres. C’est une jeune fille rencontré au magasin général qui nous raconte cela, elle dont la famille fut expropriée.

 

Grande-Grave

Au magasin général

En après-midi, il fait chaud et nous allons pique-niquer et nous baigner à la plage de Penouille, un moment de détente bien agréable.

Nous terminons notre journée par une promenade au Cap Bon-Ami où nous sommes aux premières loges  d’un spectacle de mer et de falaises où les oiseaux marins sont en vedette.

 

Au cap Bon-Ami

De retour au camping, Hugues nous gâte et nous prépare des spritz avec de l’aperol et du prosecco, un avant-goût de ce que nous boirons souvent en Italie prochainement.

 

A votre santé!